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La méditation
La méditation

L’origine de la méditation et des techniques méditatives se confond probablement avec l’histoire de l’humanité. En effet, il semblerait que de tout temps l’Être humain ait essayé d’échapper aux conditions environnementales de son existence par des tentatives d’introspection, et/ou de réduction d’activités mentales.
Il existe d’ailleurs de multiples formes de méditation que l’on pourrait toutefois schématiser en deux définitions : l’une commune, occidentale, mentale, résumerait cet art à une prise de recul pour réfléchir à un problème, alors qu’une plus orientale, définirait quant à elle la méditation comme toute forme de pratiques cherchant à s’affranchir de la dictature du mental, par son apaisement, sa réduction, voire son arrêt complet.
Cependant, même dans ce second cas, on peut encore constater qu’il n’existe pas de forme unique de méditation, mais bien un ensemble de techniques qui peuvent paraître différentes les unes des autres. Alors, plutôt que d’en choisir une et de vanter sa supériorité ou ses mérites, il semble préférable de tenter de repérer ce qui est commun à ces différentes pratiques

Invariants

De manière généralisée, on peut dire qu’il existe deux invariants à toutes les techniques méditatives. Des invariants désignant des vécus à l’intérieur du corps et dont, quelle que soit son approche le méditant est appelé à faire l’expérience.
Le premier est désigné par le terme Samatha qui en pali, signifie « tranquille », « paisible ». Il cherche à souligner que les méditations procurent un calme mental au fil de la pratique. C’est un état d’être qui perdure au-delà de la méditation. Il ne se réfère pas à une technique précise puisque plusieurs voies y donnent accès. Yoga, pratiques bouddhistes, relaxations laïques, toutes invitent à la focalisation sur un objet précis qu’il s’agisse de la respiration, de la contemplation d’une flamme, d’une couleur ou d’un objet physique ou mental.
Le second pilier de toutes les pratiques méditatives est appelé également en pali, Vipassana, ou encore, « vision pénétrante »
La vision pénétrante doit permettre d’appréhender les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on voudrait qu’elles soient, grâce à un esprit libéré de nos croyances et de nos schémas de pensées récurants. Elle doit permettre d’entrer dans la connaissance de notre monde psychique, sensoriel et émotionnel dont nous ne sommes que peu conscients la plupart du temps. Elle se développe par une attention assidue et dépassionnée aux sensations corporelles qui vivent, évoluent et meurent instant après instant.

Physiologie

Si la méditation est entrée depuis les années 80 par le biais de recherches menées conjointement par des scientifiques et religieux de plain-pied dans les domaines d’études autorisées, et qu’elle est de plus en plus utilisée pour régler des problèmes liés au stress et à la gestion des émotions, il ne faut pas oublier qu’elle peut être un outil très efficace pour gérer les problèmes du corps, les douleurs, mais aussi les maladies.
Au-delà des effets psychologiques et des effets sur le cerveau que nul ne remettrait en question à l’heure actuelle, l’action de la méditation a pu être démontrée quant à la réduction du stress, les réactions immunitaires, la tension artérielle et la tolérance à la douleur. Elle s’avère améliorer également de manière significative la qualité de vie dans les cas de sclérose en plaques, du cancer du sein, de pneumopathies obstructives, ainsi que de nombreuses douleurs chroniques. Une régression des symptômes a aussi été constatée dans diverses pathologies, comme l’hypertension artérielle, le psoriasis et les maladies auto-immunes.
De plus, des études ont même permis d’identifier des différences dans le niveau d’expression de certains gènes. Chez les méditants, plus de 2 000 gènes impliqués notamment dans les mécanismes de la réactivité au stress (inflammation, production de cortisol, mort cellulaire...) sont inactivés, alors e ce n’est pas le cas chez les sujets non méditants.
Enfin, n’oublions pas que le terme latin medeor renvoie à soigner et que les études sur l’effet placebo pourraient bientôt faire de la méditation si ce n’est la panacée à tous les maux, du moins un catalyseur de guérison unanimement reconnu.

Adaptation

Ce léger survol de l’art méditatif ne nous éclaire que peu sur la méditation, ce qui ne saurait se faire sans pratique. Il a surtout pour but de comprendre quels seraient nos avantages à débuter une pratique méditative, fût-elle légère. D’ailleurs, sans vouloir nier la volonté et l’effort nécessaire à entrer dans une pratique régulière, il est possible d’adapter la forme méditative au pratiquant, à son niveau et à sa motivation. Un peu de pratique étant toujours supérieure à pas de pratique du tout. La méditation devrait tout d’abord être au service du méditant, et le faire peiner sous prétexte qu’une tradition ou qu’une école, classique ou contemporaine en a décidé ainsi peut rapidement s’avérer contre- productif. Ceci même pour les persévérants qui même s’ils obtiennent des résultats, risquent de se bloquer sur la forme en ne faisant qu’effleurer le fond.
Car, au-delà du but métaphysique de la méditation qui est l’éveil à une réalité différente, il existe des étapes, des chemins et des techniques pour tous. Et là où certaines écoles diraient qu’il est essentiel de méditer tous les jours au moins
quarante-cinq minutes, d’autres préconisent des micros pratiques à exécuter tous au long de la journée. Ces préceptes ne s’excluant d’ailleurs pas mutuellement, et sans toutefois ignorer le cadre et la réalité de l’effort sur soi-même, les formes méditatives pourront se combiner avantageusement.
Le Sentier de Samatha
  • Samatha
Le sentier de samatha

Dans cette représentation le moine représente le méditant, et l’éléphant représente l’esprit que l’on cherche à apprivoiser. Il rencontre des obstacles que sont le singe (c'est-à-dire l'agitation mentale) et la noirceur de l'éléphant, qui représente l'opacité mentale. Les moyens à disposition du méditant sont la hachette, tenue dans la main droite du moine et une corde à crochet tenue dans sa main gauche. Par sa vivacité, sa nature incisive, la hachette est la représentation symbolique de l’attention. La corde à crochet symbolise le "rappel" qui permet au méditant de revenir à l’état d’attention par des rappels constamment répétés.
Le feu qui décroît au fur et à mesure des étapes exprime l'énergie que le méditant doit dépenser pour soutenir sa méditation.
Voici une explication de ce chemin de méditation donné par Lama Denys, un moine français de la tradition Kagyupa du bouddhisme tibétain.
1. À la première station, le moine et l’éléphant sont loin l’un de l’autre. L’esprit-éléphant galope, suivant le fil de ses pensées. C’est le singe de l’agitation qui mène la danse. C’est une situation de haute énergie, de haute tension. Les obstacles sont à leur maximum : tout est noir. La distance qui sépare le méditant et son esprit est grande. La force de l’écoute l’a informé des enseignements : il les applique pour la première fois, essayant maladroitement de diriger la hachette de l’attention vers l’esprit qui galope loin devant.
2. Le deuxième virage correspond à l’intervention de la force de la pensée. À la deuxième station, le méditant se rapproche de l’éléphant, qui est passé du galop au trot. Le singe mène toujours l’esprit mais le rythme s’est ralenti. L’opacité décroît ; à partir de maintenant, l’apparition progressive du blanc sur la tête exprime l’accroissement de la lucidité pour l’éléphant et du repos pour le singe. Sur les côtés du chemin, trois petits fruits, une écharpe, les cymbales, une conque et un miroir symbolisent les objets sensoriels, sources d’agitation et de distraction. Il y a un peu moins de feu ; la situation demande moins d’énergie, entraîne moins de tension.
3. À la troisième station, le méditant ne court plus vraiment après son esprit : ils se font maintenant face. Le singe est toujours en avant mais il n’entraîne plus l’éléphant. Pour la première fois, le méditant utilise ses facultés de rappel pour établir un lien direct et continu avec son esprit, ce qui met en évidence une forme subtile de torpeur, ignorée jusqu’alors : elle est symbolisée par le lapin. L’opacité décroît encore, la couleur blanche se propage.
4. L’expérience de la phase précédente se précise : le méditant se rapproche encore de l’éléphant. La progression de la couleur blanche du singe, de l’éléphant et du lapin s’intensifie. La scène est plus calme.
5. La situation se renverse. Le méditant en est maintenant le maître. Il guide l’éléphant par un usage continu de son attention et de ses capacités de rappel. Le singe est maintenant derrière. Le lapin est toujours là. Les éléments de la scène gagnent en transparence. Sur le côté du sentier, un singe blanc jouit des bons fruits résultant d’un esprit engagé dans de vertueuses activités. Ces actions, positives dans la vie quotidienne, sont pourtant des distractions durant la pratique de Shamatha, c’est pourquoi l’arbre est noir et à l’écart du sentier.
6. La progression est plus aisée ; le méditant dirige bien sa méditation, même lorsqu’il n’y applique pas son attention ; le lien du rappel reste attaché à l’éléphant. Le lapin est parti ; la situation se clarifie.
7. La scène est devenue très paisible et transparente. La marche n’a plus à être dirigée. Il n’y a presque plus d’opacité ni d’agitation ; le méditant reste au repos, sans qu’il ne lui soit nécessaire de faire usage intentionnellement d’attention ou de rappel. Quelques taches noires signalent encore quelques points délicats, un peu d’opacité ou d’agitation subtiles, mais elles sont immédiatement abandonnées avec un effort minime.
8. L’éléphant marche docilement avec le méditant ; il n’y a pratiquement plus de noir et la flamme de l’effort a disparu. La méditation est devenue naturelle et continue.
9. À ce dernier stade, l’esprit et le méditant sont tous deux au repos complet. Ce sont maintenant de vieux compagnons, habitués à rester en paix ensemble.
Les obstacles de la méditation ont disparu. Shamatha est atteint. Le méditant peut alors avoir ces expériences de ravissement ou de profond bonheur, représentés symboliquement par le moine volant ou transporté à dos d’éléphant.
Le dernier tableau fait allusion à la pratique conjointe du repos de l’esprit (Shamatha) et de la vision profonde (Vipashyana). La démarche se renverse et le méditant “chevauche” maintenant son esprit. Il y a un renouveau d’activité. Le méditant cherche à reconnaître le jeu de cet esprit désormais calme et transparent. Il brandit l’épée de prajña, l’épée flamboyante de la connaissance immédiate, et tranche deux faisceaux noirs qui émanent de son cœur. Ils représentent le voile des passions et le voile de la dualité. Une fois dissipées, ces enveloppes qui voilaient la pureté de l’esprit, il réalisera la vacuité fondamentale, la plénitude du pur esprit, l’état de bouddha.



"Ayant médité la douceur et la compassion, j’ai oublié la différence entre moi et les autres."
Milarépa