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Philosophie indienne
Philosophie Indienne

Le système hindou ou brahmanique repose sur deux grands principes, la Sruti, la révélation et la Smriti qui peut être comprise à la fois comme son interprétation et sa vulgarisation.
Comme cela est souvent le cas dans les cosmologies, la révélation ne repose pas sur des faits historiques incontestables, elle est donnée à un ou plusieurs privilégiés pour des raisons qui n’apparaissent pas toujours très claires au commun des mortels. Dans la tradition qui nous intéresse, elle fut révélée aux grands Richis, les sages des temps anciens, et elle fut compilée dans les Védas qui sont aux nombres de quatre et sur lesquels l’ensemble de l’édifice construit ultérieurement repose intégralement. En d’autres termes, quelles que soient les interprétations ou découvertes ultérieures, aucune ne saurait remettre en question l’autorité des Védas.
Notons qu’il n’est pas nécessaire ici de savoir si cette information est factuelle ou non. Sa véracité historique n’aurait pour incidence que de soulager temporairement notre mental qui cependant chercherait vite à reprendre le contrôle de la situation. 
Au côté de la Sruti, bien qu’à un niveau hiérarchique inférieur, s’érige la Smriti, que l’on retrouve dans les upanishads, les brahmanas et quelques autres textes. 
Il faut cependant comprendre que dans cette approche, révélation et interprétation sont indissociables, la seconde devant permettre à la première de s’adapter à son environnement de réception, c’est-à-dire à son époque et à sa culture. En théorie du moins, car comme dans le cas de l’herméneutique chrétienne, c’est-à-dire l’interprétation des textes bibliques, la Smriti est codifiée et ne saurait s’éloigner trop loin des sentiers officiellement battus. Des sentiers qui se matérialisent en autant de Darsanas, c’est-à-dire de points de vue sur la révélation. Ce sont à la fois des systèmes philosophiques et des moyens d’atteindre le divin. En d’autres termes, des moyens de se libérer de l’état humain dans cette existence, mais plus encore du cercle sans fin des morts et des renaissances, connue sous le nom de Samsara. 
Car il ne faut surtout pas oublier que ce qui sous-tend toute la philosophie indienne, plus encore que « ce qui nait doit forcément mourir », c’est « ce qui meurt doit forcément renaître » qui contrairement à la vision un peu naïve que l’on se fait communément de la réincarnation en occident, représente en orient une malédiction dont on doit se défaire par tous les moyens. Un piège dont on ne peut se libérer qu’à l’aide de la pratique d’un ou plusieurs Darsanas. Ces derniers ne sauraient se limiter à n’être que de simples spéculations métaphysiques ou ontologiques. Spéculer gratuitement sur ce qu’est le monde n’ayant aucun sens pour un Indien, un système devant essentiellement servir à se libérer de sa condition humaine.
Au nombre de six, les darsanas peuvent être en interaction et ils sont d’ailleurs souvent regroupés deux par deux. 
Trois intéressent plus directement le yoga : le Samkya qui soutient théoriquement le yoga, le Yoga ainsi nommé et enfin le Vedanta qui signifie la fin des Védas et qui regroupe des textes qui comme les Upanishad sont à la fois des quêtes pratiques et théoriques de la libération. La Bahgavad Gita bien que rayonnant largement au-delà des systèmes est souvent insérée dans le Vedanta. Cœur du Mahabarata, elle est le livre sacré par excellence des hindous et elle est parfois considérée comme un condensé de la doctrine védique.
Mentionnons encore qu’à côté de ces six systèmes philosophiques autorisés, aussi appelés astikas, il en existe trois autres tous issus de l’Inde, les nastikas, composé du Jaïnisme, du Bouddhisme et du charvaka qui correspond à un système matérialiste. Le plus connu des trois, le Bouddhisme s’est particulièrement bien exporté en dehors de l’Inde, et il est en beaucoup de points, proche du Yoga, du Samkya et du Vedanta. Son exclusion du système orthodoxe étant avant tout politique, car en rejetant la prédominance des brahmanes et le système des castes, il nie de ce fait l’autorité des Védas.
Toutefois, la pensée de l’Inde ne saurait être contenue par un cadre et cette dernière a pris l’habitude de faire feu de tous les bois mystiques afin d’en féconder ses propres systèmes. Ainsi, au travers des différentes invasions subies, elle a vu naitre sur ses terres toutes sortes de conceptions et de nouvelles religions comme le Sikhisme, doctrine syncrétique élaborée au XVe siècle par Guru Nanak, faite d’un mélange de Brahmanisme et d’Islam, et devenue la troisième religion du territoire derrière les deux dont elle est issue. 
Que dire encore du Tantrisme, ce courant parallèle qui se plait à trouver dans chaque situation une manière de se libérer ou du Soufisme, cette mystique d’un Islam sans entraves, probablement née de sa rencontre avec le yoga ?