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Comprendre le yoga
Le yoga

Bien que davantage connu par ces aspects posturaux, respiratoires, relaxants ou méditatifs, le yoga est avant tout une philosophie. Non une philosophie spéculative comme c’est souvent le cas en occident récent, mais une philosophie pratique dont le but est la libération de l’âme de sa condition charnelle. 
En soi, le yoga est donc à la base une pratique spirituelle, et il fait partie à ce titre d’une des six écoles classiques, appelées Darsanas (littéralement : points de vue), reconnues par le Brahmanisme (Hindouisme).
Le mot yoga a même pris un sens plus général, et il est parfois assimilé à toutes techniques « naturelles » permettant de dépasser les conditions corporelles et psychologiques usuelles de la vie ordinaire. 
Cependant, dans une société laïque où les croyances sont supposées être avant tout quelque chose de personnel, il n’est pas besoin de suivre, ni même de croire à la fonction sotériologique du yoga pour pratiquer ce dernier et ainsi profiter de techniques dont les effets bénéfiques sur la santé et le bien-être sont désormais avérés. 
C’est d’ailleurs sous cette forme désacralisée que le yoga s’est vu exporter de son milieu d’origine voilà bientôt un siècle par des « yogis » conscients de tout le bien que cette discipline pouvait amener au monde occidental.
On peut généraliser en disant que l’appropriation occidentale du yoga s’est faite autour de deux pôles distincts et complémentaires que l’on peut résumer de manière un peu réductrice au corps et à l’esprit. À tel point d’ailleurs que l’on trouve parfois des yogas purement physiques, laissant de côté les aspects d’intériorisation alors que d’un autre côté, certaines approches s’apparentent presque totalement à de la méditation. 
Toutefois, une pratique complète ne saurait s’envisager sans des aspects dynamiques et posturaux d’un côté, et des aspects d’intériorisation et de méditation de l’autre, ce qui permettra réellement de restaurer l’énergie interne et aura rapidement des effets positifs l’ensemble de la vie du pratiquant.
Comprendre le yoga

Le yoga ne saurait se comprendre comme l’assemblage de techniques mises bout à bout au cours des siècles et ne saurait pas plus se décrire entièrement par l’analyse de ses éléments ou par son historicité, cela même si c’est l’approche que suivent beaucoup d’ouvrages sur le sujet.
Il est à la fois un objet simple et compliqué à saisir. Simple si l’on s’en tient à son sens général que l’on peut rapprocher de jonction ou d’unification. Il se comprend alors comme ce qui relie. Lien entre ce qui est ici et là-bas, entre le visible et l’invisible, entre le connu et l’inconnu. À la fois but du voyage et véhicule, il est la Voie des voies tout en étant chacune d’entre elles. Il est le Graal des chrétiens, le Dhikr des soufis, le Satori du zen, le Grand œuvre des alchimistes, le Tao.
Il en est toutefois du mot yoga comme du mot culture, il peut se définir en cercles concentriques, allant de l’universel au particulier. Il peut alors désigner aussi bien des systèmes complets, religieux ou philosophiques, de dépassement de soi et d’accès au divin, que n’importe quelle technique de libération de l’âme qu’elle soit d’origine indienne ou vienne d’une autre tradition comme la technique du nei-tan des taoïstes, celle du koan de l’école Rinzai dans le Bouddhisme Zen ou encore celle de l’hésychasme des moines orthodoxes. Toutefois, d’un point purement formel, il serait erroné de dire qu’il existe un yoga chinois ou un yoga chrétien, ce terme n’étant utilisé en dehors de la tradition indienne que par les seuls Tibétains et ceci à la suite d’Indiens qui comme Marpa ou Padmasambava exportèrent leurs techniques hors de leur contrée natale.
Cette adaptation possible du mot yoga rend d’autant plus difficiles les tentatives de vulgarisation et de généralisation, et dans l’absolu, le yoga ne saurait se saisir autrement que par la pratique. Qu’importe d’ailleurs que cette pratique soit intellectuelle, émotionnelle, corporelle ou spirituelle, le yoga est suffisamment vaste pour qu’à chacun de ces états correspondent des techniques appropriées. Comprendre ce qu’est le Yoga est incontestablement une partie du processus du yoga, encore faut-il vouloir y entrer, car vouloir le saisir intellectuellement comme objet externe à toute appropriation serait totalement vain. 
Le Bouddha qui fut lui-même initié à certaines formes de yoga avait coutume de répondre à ceux qui le questionnaient sur la métaphysique ou sur l’ontologie de sa doctrine par une parabole assez simple. « À quelqu’un de blessé par une flèche, disait-il, est-il utile de savoir d’où vient cette flèche de quel métal elle est faite, et par quel type d’arc elle a été tirée ? Non, il lui importe d’abord que la flèche puisse être extirpée et qu’il puisse être soigné. »
Cependant, même en s’abstenant d’entrer dans la querelle intellectuelle pour savoir si en définitive le yoga est aryen ou dravidien, s’il s’inspire de courants chamaniques ou s’il en est le précurseur, on peut tout de même admettre qu’une flèche ne saurait être retirée n’importe comment et qu’un tel acte nécessite une technique appropriée accompagnée d’un certain savoir-faire.
De plus, saisir le yoga dans ses composantes ontologiques reste essentiel, car même si nous pouvons laisser de côté la plupart des cogitations historico-intellectuelles, notre fonctionnement mental d’Occidentaux a besoin de se faire une idée de la philosophie dans laquelle s’insère le sujet appréhendé. En effet, à quoi pourrait bien servir une psychologie de la libération si l’on se croit déjà libre ou que l’on ne comprend pas de quoi l’on est censé se libérer ?